Après des débuts difficiles, Steam a réussi, au fil du temps, à s'imposer comme la plateforme de référence dans le domaine du jeu-vidéo dématérialisé. Pour autant, l'actuelle position hégémonique du logiciel de Valve l'expose aux critiques. En décembre dernier par exemple, William Audureau signait pour le Monde.fr un article intitulé « La résistance désorganisée face à Steam, l'étoile noire du jeu vidéo ». Face à ce succès, de nombreux éditeurs ont décidé de sortir leur solution maison : Uplay d'Ubisoft ou encore Origin d'EA pour ne citer qu'eux. Pour autant, force est de constater que Steam a su conserver sa place de leader.
La charge est aussi venue du côté de CD Projekt, développeur et éditeur entre autres de Witcher 3 et détenteur de GOG.com. Dès avril 2012, le responsable management de GOG.com Guillaume Rambourg et celui du marketing Trevor Longino avaient tous les deux critiqué le modèle économique de la plateforme développée par Valve, en s'en prenant notamment au système des soldes.
Après la dénonciation, place à la contre-proposition. Pour rappel, à l'origine spécialisé dans la vente de titres classiques des années 1980 à 1990, GOG.com a élargi son secteur d'activité en proposant également les jeux les plus récents, se plaçant ainsi en concurrence directe avec Steam. L'un des arguments majeurs mis en avant par GOG.com : l'absence de DRM dans les titres vendus. Jusqu'à présent toutefois, le service ne proposait aucune plateforme. C'est désormais chose faite : depuis peu, il est possible de découvrir, en bêta ouverte (pour Windows 7 et plus récent), GOG Galaxy.
Hors de question toutefois de l'imposer, du moins est-ce affirmé à l'heure actuelle. Le client est présenté comme définitivement « facultatif » et veut juste simplifier les installations et mises à jour des titres pour les joueurs. De nombreuses fonctionnalités font écho à ce que propose Steam (updates automatiques, succès, statistiques de temps de jeu, matchmaking, etc.) mais GOG Galaxy propose aussi quelques petits plus sympathiques, tels que :
- copie de sauvegarde : si la sauvegarde avec Steam existe, elle s'effectue avec DRM. Concrètement, sans Steam et le compte associé il n'est pas possible de l'exploiter. Gros avantage pour GOG Galaxy : il est possible de télécharger un installateur sans DRM pour sauvegarder les jeux où on le souhaite et l'utiliser par la suite sans ces contraintes.
- rollback : pour restaurer facilement la précédente version d'un jeu si une mise à jour a créé des problèmes. La fonction existe aussi sur Steam mais il faut que le développeur en accorde la possibilité et sélectionne les anciennes versions autorisées. L'option de GOG Galaxy semble donc moins restrictive.
- crossplay : pour jouer en ligne avec tout le monde, que l'on ait son jeu sur GOG.com ou sur Steam
- possibilité de désactiver certaines fonctions du client (le chat ou les succès par exemple) pour le modeler selon son utilisation
Cela suffira-t-il à rebattre les cartes dans le domaine des plateformes de vente de jeux dématérialisés ? Difficile de se prononcer à l'heure actuelle, mais force est de constater que GOG Galaxy bénéficie d'avantages séduisants.
Relire notre article de novembre 2010 « Valve en train de tuer le marché PC ? ».
